Point de rupture en RDC: répression brutale des manifestations et doublement des besoins humanitaires, selon l’ONU

La République démocratique du Congo est confrontée à une crise liée au refus du président de démissionner. Le président Joseph Kabila, malgré ses deux mandats constitutionnels, s’est accroché au pouvoir bien après la fin de son mandat en décembre 2016, déclenchant des manifestations et des violences généralisées à travers le pays.

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Image trouvé sur https://www.hrw.org/news/2018/01/19/dr-congo-security-forces-fire-catholic-churchgoers

Les Nations Unies ont critiqué la réaction des autorités congolaises face aux manifestations. Cette violence, qualifiée d ‘«illégale» et «tuant les manifestants en toute impunité» par plusieurs rapports, alarme sur le manque de respect des droits de l’homme et de la dignité par le gouvernement. Il semble qu’ils accordent la priorité au maintien de leur pouvoir sur la vie de leurs citoyens : 47 personnes ont été tuées dans des manifestations au cours de l’année écoulée. Les autorités ont également été accusées d’avoir dissimulé des violations des droits de l’homme, caché des cadavres après les manifestations et bloqué le travail des observateurs internationaux.

Bien que des élections aient été prévues pour décembre 2018, il est peu probable qu’elles aient lieu. En effet, la répression politique et la répression contre les dissidents ne sont guère des prémices à un climat pacifique dans lequel des élections libres et équitables doivent avoir lieu. Le déploiement systématique de l’armée et de la police pour écraser les manifestants est révélateur d’une réponse «illégale, injustifiée et disproportionnée» du gouvernement, selon l’ONU. Il est donc difficile d’envisager qu’une place puisse être donnée aux mouvements d’opposition pour contester le pouvoir de Kabila aux élections. La commission électorale aurait repoussé la date jusqu’en avril 2019, mais reste à voir si la RDC se stabilisera d’ici-là.

Ce qui est évident, c’est le besoin de renforcer la société civile en RDC. À l’heure actuelle, l’opposition reste fragmentée et faible au mieux, et inexistante au pire. Les efforts du gouvernement de Kabila pour éradiquer toutes les formes d’opposition ne sont pas sans effet, puisque la plupart des leaders de l’opposition ont été arrêtés, exilés ou assassinés. Le principal organe d’opposition au Congo est l’Eglise catholique, qui a non seulement organisé des marches pacifiques contre Kabila, mais a également demandé à l’ONU de lancer un appel à l’aide. Le Collectif des catholiques a lancé un appel au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, pour que l’ONU réagisse plus durement en RDC avant les élections de décembre. Le Collectif a également pris la décision de suspendre toutes les manifestations jusqu’au 30 avril afin de mettre en place un environnement plus pacifique propice à des élections libres et équitables. Le Collectif réclame également la libération des prisonniers politiques, la levée des interdictions de manifestations par les opposants politiques et la société civile, et la fin de la duplication des partis politiques.

Parlant au nom du président, le Premier ministre Bruno Tshibala a déclaré à la BBC que Kabila ne se présenterait pas aux prochaines élections et qu’il souhaitait prendre en main la première transition pacifique du pouvoir dans l’histoire du pays. Cependant, avec ces violences qui éclatent et perdurent encore à travers le pays, sous la forme de conflits ethniques et de protestations politiques, il est sujet à caution que cette transition du pouvoir se fasse de manière pacifique.

La version originale de cet article a été rédigée par Ananya Sriram, membre du groupe de travail de la communication de STAND France, et étudiante en deuxième année à l’université de Leeds en français et en relations internationales

Cet article a ensuite été traduit en français par Laurine Herivan, traductrice au sein de l’équipe de Communication de STAND France. Après l’obtention d’une maîtrise en droit international à l’Université d’ASSAS, Laurine poursuit actuellement ses études en master de sociologie politique de l’international à l’Université Paris Ouest Nanterre.

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